Ivre, il passe en D4

Day 4,371, 21:42 Published in France USA by Torfyn


Lille – La capitale du Nord-Pas-de-Calais a été le théâtre d’un terrible drame qui s’est déroulé dans la nuit de vendredi à samedi, pendant les violents affrontements entre français et turcs. Enquête.

Il fait encore nuit lorsque notre correspondant Jack Minow arpente les rues dévastées de Lille. Quelques coups de feu se font entendre au loin ; il s’agit peut-être de la fin de la bataille d’hier, ou de célébrations de victoire. Par terre, les drapeaux turcs et français jonchent les rues et la voirie porte les marques de plusieurs explosions. Mais ce n’est pas ici que se situe le vrai drame.

Nous retrouvons la victime, Grode François*, dans une ruelle. Prostré parmi un tas de cartons et plusieurs weapons Q7 utilisées, les yeux gonflés et rouges d’avoir versé toutes les larmes de son corps, plusieurs touffes de cheveux arrachées, il est hagard et doit être apaisé. Ce n’est qu’après avoir réussi à l’amadouer avec de la nourriture Q5 et quelques Energy Bar qu’il accepte de raconter son histoire.

Vendredi soir, Grode François est en soirée avec des amis étudiants. N’ayant pas mangé pendant le déjeuner à cause de révisions de dernière minute, et ayant un débit de boisson digne d’un membre du CDVCD, il devient passablement alcoolisé et rentre chez lui après avoir uriné contre le mur d’un commissariat.

Là, il se connecte à eRepublik et voit que la France livre une bataille contre l’occupant turc à Lille. N’écoutant que son courage – sa prudence étant temporairement assommée par la quantité d’alcool ingurgitée – il rejoint la bataille et la fait fortement pencher en faveur de la France : « il était extraordinaire. On perdait le round et puis il est arrivé dans son blindé léger, repoussant les turcs lentement mais sûrement, et l'espoir nous a tous ressaisi. Puis soudainement, il avait disparu. »

Pour Grode François, l’expérience est autre, et le champ de bataille se métamorphose autour de lui. Un autre héros français tente désespérement de mener ses camarades contre les turcs, et parmi les combattants des deux camps, la dévastation provoquée est immense. Hébété, Grode François se demande s’il n’a pas bu un verre de trop, avant de se rendre compte qu’il était maintenant dans un tank flambant neuf. À son grand malheur, il venait de passer niveau 70, et donc en division 4.

« J’avais acheté l’infantry kit comme je le fais toujours, mais il avait expiré dans la journée. Et avec les exams qui approchent, j’ai oublié d’en racheter un. Du coup, quand j’ai frappé, j’ai gagné de l’expérience à un rythme fou. D’habitude, je ne gagne que les points de l’entraînement et du travail, ce qui me promettait encore un moment au niveau 69. Mais j’ai tout gâché », sanglote-il alors que notre correspondant tente de lui offrir une citrouille.

Cette situation, bien que dramatique, n’est pas inédite. Il y a quelques mois, une citoyenne avec un "experience inhibitor" actif avait épuisé sa réserve de Q7 au début de la bataille et ne s’en était pas rendu compte avant que ses frappes à mains nues lui fassent passer le redouté palier de la D4. L’analyse de la police avait pu déterminer qu’elle avait consommé un damage booster 100%.

Face à la recrudescence de level up non-voulus, le nouveau gouvernement a annoncé réfléchir à une campagne de publicité conseillant aux citoyens de divisions inférieurs de faire attention à bien dépenser leurs 14,90€** mensuels, afin de ne pas trop vite rejoindre la D4. Une initiative soutenue par Remedius : « l’alternative serait de demandé aux gens de consommer avec modération, et ça ce serait vraiment du foutage de gueule. »



*Le nom a été modifié.
** nldr: soit à peu près 2€ de plus qu'un abonnement à WoW, autant qu'un abonnement à EVE Online, et à peu près 1€ moins cher qu'un abonnement à Netflix pour 4 écrans.